vendredi 17 avril 2026

IF !

 Je me suis réveillé en pensant à un poème de Rudyard Kipling, qui me ramène à plus de 60 ans en arrière, pendant mes études et avec une amie Nicole G. dont j'ignore tout de sa vie maintenant !

 Kipling a écrit ce poème à l'attention de son unique fils, John, âgé alors de 13 ans en 1910.

Ce dernier meurt lors de son premier assaut, durant l'attaque de Chalk Pit Wood à la bataille de Loos en 1915. Son corps ne fut pas retrouvé. Jusqu'à sa mort en 1936, Rudyard Kipling procéda à des fouilles dans la région pour retrouver les preuves de sa mort ou la dépouille de son fils.

Il inventa l'inscription qui figure sur la tombe des soldats inconnus britanniques : "Known unto God" (Connu seul de Dieu).

 Notons toutefois que la traduction d'André Maurois, qui est la plus connue n'est pas une traduction littérale, fidèle au texte de Kipling, mais qu'il s'agit d'une des traduction la plus inspirée par l'esprit du texte.

 

Ce qui me fait penser aussi à d'autres poèmes que j'aime bien, comme la tirade du nez de Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand et à Baudelaire: A une passante:

O toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!


Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

3 commentaires:

  1. Merveilleux poème que j'ai appris il y a si longtemps et dont j'arrive encore à citer quelques vers.
    Bonjour Bernadette et Gilbert,
    J'espère que tout va bien pour vous deux et que vous passez le temps agréablement avec le beau temps enfin revenu un peu partout.
    Bon week-end à vous deux !
    A bientôt Gilbert.
    Maite

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  2. Bonsoir Bernadette et Gilbert
    C'est un poème que l'on n'oublie pas, enfin en principe, j'avoue que j'avais du mal à m'en souvenir.
    Sinon rien de neuf à l'oust, ni à l'est !
    Mais tu bosses comme une bête, cirer le parquet à notre âge ça ne se fait plus, c'est trop pénible !
    Bravo tu as du courage
    Je vous souhaite un bon weekend à tous les deux
    Prenez soin de vous
    Amitié
    @lain

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  3. je passe te souhaite une belle nuit bisous

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